La Soif du mal
d'Orson Welles
Etats-Unis, 1958
Institut Lumière : 18h15 La Soif du mal d’Orson Welles présenté par Jim Harrison
Plus que sa prétendue immoralité, c’est surtout l’extraordinaire beauté de La Soif du mal qui frappe. La mise en scène sert idéalement ce thriller. Les décors, la lumière et le cadrage très travaillés créent une théâtralité baroque soulignant l’évolution psychologique des personnages. Le film est construit sur l’opposition des deux policiers magnifiquement interprétés par Charlton Heston et Orson Welles. A leurs côtés, on trouve Janet Leigh, la pin-up hollywoodienne, et Marlène Dietrich, qui apparaît tel un fantôme derrière un rideau de fumée dans un cabaret. Alors que l’enquête avance, une poésie étrange et un vague sentiment d’oppression se développent.
Le montage d'origine
Le film sort dans un montage non validé par Orson Welles. Furieux, celui-ci rédigea un feuillet avec ses indications de montage tel qu’il le concevait. C’est à partir de ce document qu’en 1992, le film fut remonté sur la suggestion enthousiaste du producteur Rick Schmidlin qui sollicita Walter Murch, le monteur de Francis Ford Coppola.

Séances
La Soif du mal
(Touch of Evil)
Etats-Unis, 1958, 1h51, noir et blanc, format 1:37
Réalisation : Orson Welles
Scénario : Orson Welles et Whit Masterson d’après son roman Manque de Pot
Photo : Russell Metty
Musique : Henry Mancini
Montage : Aaron Stell, Virgil W. Vogel, Edward Curtiss, Walter Murch pour la director’s cut
Interprètes : Charlton Heston (Mike Vargas), Orson Welles (Hank Quinlan), Janet Leigh (Susie Vargas), Joseph Calleia (Sergent Pete Menzies), Akim Tamiroff (oncle Joe Grandi), Marlene Dietrich (Tanya), Joanna Moore (Marcia Linnekar), Ray Collins (Adair), Dennis Weaver (le veilleur de nuit), Valentin de Vargas (Pancho), Zsa Zsa Gabor (propriétaire du Strip-Club)
Film présenté par Jim Harrison
Mail de Jim Harrison, août 2010 :
« J’aimerais beaucoup revenir à Lyon. Comme je connais bien la frontière mexicaine pour y avoir passé mes hivers pendant plus de vingt ans, je pourrais évoquer à travers quelques films ce qui se passe là-bas. C'est tragique : plusieurs milliers de morts à Juarez rien que l’an dernier. J’aimerais bien parler de ça à un public français. On pourrait montrer La Soif du mal de Welles ou Traffic de Soderbergh. Vous imaginez ? 25 000 personnes tuées au Mexique ces dernières années dans les guerres des narcos et l’Amérique dépense des fortunes en Afghanistan ! »
Jim Harrison a publié plus de trente livres traduits dans une vingtaine de langues. Les plus célèbres sont Légendes d'automne, Dalva, La Route du retour ou encore De Marquette à Veracruz. Certains de ses romans ont été adaptés au cinéma comme Légendes d'automne (Legends of the Fall, Edward Zwick, 1994) avec Brad Pitt et Anthony Hopkins. Jim Harrison a souvent contribué à l'écriture de scénarios adaptés de ses livres, comme pour Vengeance de Tony Scott (1990), ou pour Wolf de Mike Nichols (1994) avec Jack Nicholson. Depuis 2007, Jim Harrison est membre de l'Académie Américaine des Arts et des Lettres.

































